L'inactivité physique, c'est ne pas atteindre les niveaux d'activité recommandés : pour les adultes, l'OMS conseille au moins 150 à 300 minutes par semaine d'activité d'intensité modérée à soutenue.
AccueilLa sédentarité
Sédentarité : comprendre ses effets pour mieux la réduire
La sédentarité prend de plus en plus de place dans nos journées, parfois sans même que nous nous en rendions compte. Travail, transports, écrans, loisirs : une grande partie de notre quotidien se déroule aujourd'hui en position assise.
Mais être sédentaire, qu'est-ce que cela signifie vraiment ? Est-ce simplement ne pas faire assez de sport ? Quels sont les effets d'un temps assis trop important sur notre santé ?
Comprendre la sédentarité, c'est aussi apprendre à repérer où elle se cache dans notre quotidien, et comment y remettre progressivement du mouvement.
Être sédentaire, ce n'est pas simplement manquer de sport
On utilise souvent le mot « sédentaire » pour parler de quelqu'un qui ne fait pas ou peu de sport. Pourtant, sédentarité et inactivité physique ne désignent pas la même chose.
Sédentarité : définition selon l'OMS
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la sédentarité correspond aux périodes d'éveil passées en position assise, inclinée ou allongée, avec une très faible dépense d'énergie.
Derrière cette définition scientifique se cachent des situations très ordinaires : travailler plusieurs heures devant un ordinateur, conduire, regarder la télévision ou passer du temps assis devant un écran sont autant de comportements sédentaires.
Autrement dit, être sédentaire ne signifie pas « ne rien faire ». On peut travailler, conduire, regarder un film ou passer une soirée entre amis… tout en restant assis pendant plusieurs heures.
Sédentarité et inactivité physique : quelle différence ?
La sédentarité, elle, correspond au temps passé éveillé avec une très faible dépense d'énergie, généralement assis ou allongé.
Ce sont donc deux comportements distincts.
Et cette différence change beaucoup de choses. On peut pratiquer du sport plusieurs fois par semaine et passer le reste de ses journées assis devant un ordinateur, dans les transports ou sur son canapé.
Oui, on peut être sportif et sédentaire.
À l'inverse, une personne qui ne pratique aucun sport peut avoir un quotidien très actif : marcher beaucoup, se déplacer à vélo, avoir un métier physique ou simplement passer peu de temps assise. L'activité physique ne se limite pas au sport : elle comprend aussi la marche, les déplacements actifs, certaines activités professionnelles ou encore les tâches du quotidien.
C'est pourquoi lutter contre la sédentarité ne consiste pas seulement à ajouter quelques séances de sport dans son agenda. Il faut aussi regarder ce qui se passe pendant toutes les autres heures de la journée.
La sédentarité en France : des journées de plus en plus immobiles
La sédentarité ne se résume pas à quelques heures passées sur le canapé. Elle s'accumule tout au long de la journée, souvent sans que nous nous en rendions compte.
28 % des adultes en France passent plus de 7 heures par jour assis.
Ce n'est pas un sujet réservé à celles et ceux qui ne font pas de sport : la proportion dépasse 40 % chez les 18-29 ans et les cadres, et les étudiants comme les personnes en télétravail régulier figurent parmi les plus exposés.
Source : Baromètre de Santé publique France 2024, adultes de 18 à 79 ans (données déclaratives).
Pourquoi restons-nous autant assis ?
On prend les transports ou la voiture pour aller travailler, on passe plusieurs heures devant un ordinateur, on déjeune assis, on reprend les transports, puis on termine parfois la journée devant une série, les réseaux sociaux ou un autre écran.
Et beaucoup de choses qui nous obligeaient autrefois à nous déplacer peuvent aujourd'hui être faites sans bouger : travailler, faire ses courses, commander un repas, effectuer une démarche ou se divertir.
Nos modes de vie ont progressivement supprimé certaines occasions de mouvement de notre quotidien. Le confort apporté par les transports motorisés, les écrans, l'automatisation ou encore la livraison a aussi rendu possible des journées pendant lesquelles nous pouvons faire énormément de choses… en bougeant très peu.
C'est aussi pour cette raison que la sédentarité ne peut pas être réduite à un manque de motivation ou de volonté. Notre environnement nous permet, et nous encourage parfois, à rester assis une grande partie de la journée.
Aujourd'hui, tout cela se fait sans bouger
- Travailler
- Faire ses courses
- Commander un repas
- Effectuer une démarche
- Se divertir
Quand rester assis trop longtemps devient un risque pour la santé
Passer du temps assis n'a rien d'anormal. Le problème apparaît quand ce temps devient très important, se répète chaque jour et est peu interrompu. L'Anses estime que passer plus de 8 heures par jour en position assise expose à un risque pour la santé.
Sédentarité excessive : ce que montrent les études
Une méta-analyse de 47 études associe un temps assis élevé, indépendamment de l'activité physique, aux risques ci-dessous. L'OMS recommande d'ailleurs aux adultes de limiter le temps consacré aux activités sédentaires.
de risque de diabète de type 2, l'association la plus forte.
Comparaison des personnes les plus sédentaires aux moins sédentaires. Ce sont des associations observées dans des études d'observation : elles ne prouvent pas que le temps assis suffit, à lui seul, à provoquer ces effets. Source : Biswas et al., Annals of Internal Medicine, 2015 (méta-analyse de 47 études).
La sédentarité a-t-elle des symptômes ?
Non.
La sédentarité n'est pas une maladie et n'a pas de symptômes permettant de la diagnostiquer.
C'est justement ce qui peut la rendre difficile à percevoir. On ne se sent pas nécessairement « trop sédentaire » : on peut se sentir en forme, faire du sport régulièrement et malgré tout accumuler beaucoup de temps assis.
Plutôt que de chercher des symptômes, il est donc plus utile d'observer combien de temps nous passons assis dans une journée et pendant combien de temps nous restons sans nous lever ou bouger.
Sport et sédentarité : deux enjeux à ne pas confondre
Faire du sport est excellent pour la santé, et l'activité physique régulière atténue une partie des risques liés au temps assis. Mais Santé publique France rappelle que la sédentarité et le manque d'activité physique sont deux facteurs de risque quasi indépendants, qui peuvent se cumuler et se compensent difficilement. Une séance de sport n'efface donc pas forcément les heures passées assis autour. En revanche, interrompre le temps assis a des bénéfices pour la santé.
Réduire sa sédentarité repose donc sur deux réflexes complémentaires :
Être suffisamment actif
Éviter de rester assis trop longtemps sans interruption
Remettre du mouvement là où il a disparu
Réduire sa sédentarité ne signifie pas forcément ajouter une heure de sport à une journée déjà bien remplie. Le premier réflexe consiste aussi à interrompre les longues périodes passées assis et à recréer des occasions de bouger au fil de la journée.
Interrompre le temps assis, au quotidien
- Se lever régulièrement lorsqu'on travaille devant un écran
- Marcher quelques minutes entre deux réunions
- Téléphoner debout
- Prendre les escaliers
- Faire une partie d'un trajet à pied
- Profiter d'une pause pour sortir marcher
Ces moments peuvent sembler petits pris séparément, mais ils remettent du mouvement là où notre quotidien l'a progressivement supprimé.
La règle à retenir : 5 minutes toutes les 30 minutes
de marche toutes les 30 minutes
Depuis 2025, l'Anses recommande d'interrompre la position assise toutes les 30 minutes par environ 5 minutes de marche, d'intensité faible à modérée. Marcher 5 minutes toutes les 30 minutes améliore des paramètres métaboliques comme la glycémie et l'insulinémie.
Source : Anses, avis d'octobre 2025.
Bouger plus, sans bouleverser son quotidien
Interrompre le temps assis est un premier pas. L'étape suivante : augmenter progressivement son activité physique, à son rythme.
Comment bouger plus au quotidienC'est aussi l'idée derrière Spouddy : rendre le mouvement plus simple, et plus collectif.
Sources
- Santé publique France, Sédentarité : prévalence et connaissance des recommandations, Baromètre 2024
- Anses, Manque d'activité physique et excès de sédentarité : une priorité de santé publique (2022)
- Anses, Marcher régulièrement 5 minutes pour préserver sa santé (2025)
- OMS, Lignes directrices sur l'activité physique et la sédentarité (2020)
- Biswas A. et al., Sedentary Time and Its Association With Risk for Disease Incidence, Mortality, and Hospitalization in Adults, Annals of Internal Medicine, 2015
Les informations de cette page sont générales et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé.